Quelles sont les raisons de croire en Jésus-Christ ?

  1. La foi naît essentiellement de la rencontre lumineuse avec la personne du Christ, que le témoignage des Evangiles nous donne à connaître comme une figure absolument unique : le seul homme de l’Histoire du monde qui a prétendu être l’égal de Dieu et qui a parlé et agi comme tel ; le seul qui est mort d’une manière vraiment divine, en rejoignant l’humanité au plus profond de sa détresse ; et le seul homme dont on témoigne au prix de la vie que Dieu lui a fait traverser la mort.
  2. Les chrétiens confirmés et les martyrs vérifient aussi la certitude de la vérité de la foi dans l’expérience personnelle du Christ vivant qu’ils ont fait dans leur vie. Jésus nous appelle tous à « demeurer en lui » pour qu’il puisse « se manifester à nous » (Jn 14,21) afin que nous puissions tous vivre cette expérience fondamentale et connaître ainsi intimement, personnellement, sa providence, son amour et sa présence : « Qui cherche trouve et à qui frappe, on ouvrira » (Mt 7,8), mais Il existe aussi de nombreuses raisons objectives et fortes de croire au Christ : 
  3. L’accomplissement des prophéties, reçues pendant plusieurs siècles, qui ont créé en Israël cette attente, unique au monde, de la venue du Messie ;
  4. Les œuvres que Jésus a faites et sa promesse que ses disciples en feraient encore « de plus grandes » (Jn 14,12) : ce qui est arrivé d’une multitude de manières, sur tous les continents, comme le montre toute l’histoire de l’Eglise, des origines jusqu’à nos jours ;
  5. L’expansion miraculeuse du Christianisme, qui finit par la conversion de l’Empire romain, sans autre puissance que le témoignage des martyrs ;
  6. La permanence de l’Eglise et de son Magistère au travers des siècles et la permanence de la sainteté dans l’Eglise, avec le témoignage et les exemples lumineux des saints et des martyrs, dans tous les siècles, qui sont pour nous comme un écho permanent des œuvres, des paroles, de l’amour, de la puissance, de la sainteté et de la lumière du Christ.
  7. Croire est à la fois un don gratuit de Dieu et la réponse de l’homme à cette grâce. La foi dépasse la raison, mais il est très raisonnable de croire et le Seigneur, qui nous invite à l’aimer de tout notre cœur, notre âme, notre esprit et notre force (Mc 12,30), s’adresse aussi à notre intelligence pour qu’elle prenne appui sur les solides raisons de croire qu’il nous donne toujours, objectivement et personnellement, aujourd’hui comme hier (cf. Ac 1,3).

 La foi est une rencontre lumineuse avec la personne de Jésus et elle se vérifie dans l’expérience personnelle du Christ vivant tout au long de notre vie, mais il existe aussi de nombreuses et fortes raisons objectives de croire en Jésus.

1. La foi naît essentiellement de la rencontre lumineuse avec la personne du Christ, que le témoignage des Evangiles nous donne à connaître comme une figure absolument unique, qui touche le cœur et qui est digne de foi : le seul homme de l’Histoire du monde qui a prétendu être l’égal de Dieu et qui a parlé et agi comme tel ; le seul qui est mort par amour, d’une manière vraiment divine, en rejoignant l’humanité au plus profond de sa détresse ; et le seul homme dont on témoigne au prix de la vie que Dieu lui a fait traverser la mort. « Jamais homme n’a parlé comme cet homme » (Jn 7,46) et c’est pourquoi les paroles et la sublimité de l’enseignement de ce jeune charpentier de province « ne passeront jamais » (Lc 21,33)

La raison principale que nous avons de croire en Jésus, c’est la lumière qui jaillit de lui quand on veut bien se mettre devant lui, tel que le Nouveau Testament nous le présente. C’est une raison de croire qui est intérieure à Jésus lui-même et à son mystère, et finalement il n’y a pas d’autre témoignage que celui-là qui peut ultimement convaincre. Il y a comme une lumière qui sort, qui jaillit de cette figure et qui peut toucher le cœur. Et ce qui rend cette figure digne de foi c’est la conjonction de trois choses qui sont étroitement associées en lui et d’une manière absolument unique, qu’on ne trouve nulle part ailleurs dans aucune religion ou philosophie :

C’est le seul homme dans l’Histoire du monde qui a prétendu être l’égal de Dieu, qui a parlé et agit comme Dieu seul peut agir,

Qui cependant – deuxième trait – est mort dans le silence de Dieu, avec le sentiment que Dieu était loin « Pourquoi m’as-tu abandonné ? » : abandonné des hommes et apparemment abandonné par Dieu lui-même, rejoignant l’humanité dans les ténèbres de sa solitude, identifié au pécheur, il meurt entre deux bandits, solidaire de l’humanité dans sa détresse,

Et en même temps le seul homme dont on témoigne au prix de la vie que Dieu lui a fait traverser la mort. D’aucun autre homme dans l’Histoire on n’a jamais affirmé une chose pareille.

Quand on regarde ces 3 éléments ensemble, leur contraste et en même temps leur unité, leur cohérence, il y a une lumière qui sort de cela et qui touche le cœur humain. Et la réaction en entendant cela est la même que celle des auditeurs de Pierre le jour de la Pentecôte : « ils eurent le cœur transpercé » (Ac 2,37)

Ce contact authentique avec le Christ suppose un travail préalable, pour expliquer que les Evangiles sont crédibles, expliquer leur genre littéraire, montrer comment ils sont dignes de foi, et comment nous avons des sources sûres pour connaître Jésus. Il y a tout un travail de justification, extérieur à la personne de Jésus, indispensable, mais finalement la raison ultime de la foi procèdera de la figure même du Christ et de la rencontre avec lui.

Jésus n’a rien écrit : il a prêché oralement dans les villes et campagnes d’Israël pendant 3 ans mais ses paroles ont eu une postérité extraordinaire. Lui-même l’avait prophétisé :  

« Le Ciel et la terre passeront mais mes paroles ne passeront jamais » (Lc 21,33).

Sans attendre l’éternité, cette prophétie est déjà bien accomplie dans le temps des hommes : le Nouveau Testament et la Bible sont de très loin les livres les plus diffusés au monde et il est clair que les Ecritures Sainte ne seront jamais oubliées. On dénombre par ailleurs à peu près 60.000 livres sur Jésus Lui-même. Il fait rencontrer Dieu, il répond aux désirs et aux besoins les plus profonds de l’homme, il a entraîné à sa suite des multitudes d’hommes et de femmes qui ont tout quitté pour le suivre et l’écouter, dans tous les siècles. Il a coupé l’histoire en deux.

Comment expliquer un tel rayonnement ? Quel est le secret de la sublimité de son enseignement ?

Jésus s’est présenté comme le Fils Unique de Dieu et les foules l’ont cru et l’ont suivi.

« Les foules étaient frappées de son enseignement » (Mt 7,28).

« Il enseignait en homme qui a autorité, et non pas comme les scribes » (Mt 7,29).

Et de nos jours encore, beaucoup font cette très simple expérience, à la lecture de l’Evangile, d’être mis en contact avec une parole unique, une parole pleine de sens, pleine de vérité, la « Parole de Dieu » qui résonnera jusqu’au bout du monde, jusqu’à la fin des temps et au plus profond de notre âme.

2. Les chrétiens confirmés et les martyrs vérifient aussi la certitude de la vérité de la foi dans l’expérience personnelle du Christ vivant qu’ils ont fait dans leur vie. Jésus nous appelle tous à « demeurer en lui » pour qu’il puisse « se manifester à nous » (Jn 14,21) afin que nous puissions tous vivre cette expérience fondamentale et connaître ainsi intimement, personnellement, sa providence, son amour et sa présence : « Qui cherche trouve et à qui frappe, on ouvrira » (Mt 7,8)

L’entrée dans la vie chrétienne s’opère par une triple expérience de Dieu :

celle de l’intimité avec le Christ, de sa présence, de son amour,

celle de l’action de la Providence qui manifeste un Dieu vivant, un Père très aimant, attentif à ses enfants, les aidant grandir et sur qui on peut compter,

celle de la réponse qu’Il donne à nos prières d’une manière forte, personnelle, vraie mais toujours en pratique différente de ce qu’on imaginait au départ, car les pensées de Dieu ne sont pas nos pensées :

« Comme le ciel est au dessus de la terre, ainsi mes pensées sont au dessus de vos pensées » (Is 55,8)

La vie dans le Christ est, depuis le baptême (cf. CEC n°1216), la naissance d’une relation d’amitié avec Dieu Père, Fils et Esprit Saint, qui conduit à grandir dans l’union à Dieu comme l’ont expliqué d’une manière magistrale les docteurs de l’expérience mystique que sont Sainte Thérèse d’Avila (cf. son livre « Le Château intérieur ») et Saint Jean de la Croix : après une phase purgative, qui consiste à lutter contre le péché en priant Dieu qu’il nous en sorte, vient une phase unitive ou l’âme éprouvée par différentes nuits spirituelles s’unit de plus en plus à son Seigneur, pour finir dans ce qu’on appelle le « mariage spirituel » qui se traduit par des signes bien concrets de l’union achevée de l’âme avec Dieu et permet un apostolat plus profond et plus intense.

La classification de Sainte Thérèse d’Avila et sa description détaillée des différents états de l’âme dans les « 7 demeures » du « château intérieur » a permis de comprendre la relation à Dieu de bien des saints. Elle a été complétée cependant assez récemment par une étape possible, après le mariage spirituel, que le Père René Laurentin a tâché de théoriser à partir de ce qui est arrivé au Christ, à sa Mère et à quelques Saints comme Saint François d’Assise ou Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, c’est l’expérience de la déréliction, qui peut suivre le mariage spirituel : une sorte de descente aux enfers, par amour, pour le salut des âmes.

Ces exemples et ces classifications sont utiles pour nous montrer le chemin qu’il reste à parcourir en marchant vers Dieu, mais la plupart des chrétiens ne sont pas directement et immédiatement concernés. Il reste pourtant que la vie de prière et l’expérience intime de la rencontre avec Jésus est le cœur de la vie chrétienne et tout le monde est appelé à cela. Ce que le Christ recherche d’abord et avant tout, c’est cette relation avec chacun de nous, pour qui il a donné sa vie :

« Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole, et mon Père l'aimera et vous viendrons vers lui et nous nous ferons une demeure chez lui. » (Jn 14,23).

Le Christ le promet :

« Celui qui garde mes commandements, je l’aimerai et je me manifesterai à lui » (Jn 14,21)

Et c’est bien ce qui arrive quand on rentre par la prière et par le cœur dans une relation intime avec Jésus reconnu comme son Sauveur personnel, mais tout cela ne peut être découvert que par accueil de sa grâce.

« Je vous dis : demandez et l'on vous donnera ; cherchez et vous trouverez ; frappez et l'on vous ouvrira. Car quiconque demande reçoit ; qui cherche trouve ; et à qui frappe, on ouvrira. Quel est d'entre vous le père auquel son fils demandera un poisson, et qui à la place du poisson lui remettra un serpent ? Ou encore s'il demande un oeuf, lui remettra-t-il un scorpion ? Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père du ciel donnera-t-il l'Esprit Saint à ceux qui l'en prient ! " (Lc 11,9-13)

3. Il existe aussi de nombreuses raisons objectives et fortes de croire au Christ : l’accomplissement des prophéties, reçues pendant plusieurs siècles, qui ont créé en Israël cette attente, unique au monde, de la venue du Messie ; les œuvres que Jésus a faites et sa promesse que ses disciples en feraient encore « de plus grandes » (Jn 14,12) : ce qui est arrivé d’une multitude de manières, sur tous les continents, comme le montre toute l’histoire de l’Eglise, des origines jusqu’à nos jours ; l’expansion miraculeuse du Christianisme, qui finit par la conversion de l’Empire romain tout entier, sans autre puissance que le témoignage des martyrs ; la permanence de l’Eglise et de son Magistère au travers des siècles ; et la permanence de la sainteté dans l’Eglise, avec le témoignage et les exemples lumineux des saints et des martyrs, dans tous les siècles, qui sont pour nous comme un écho permanent des œuvres, des paroles, de l’amour, de la puissance, de la sainteté et de la lumière du Christ.

Jésus se référait constamment à l’accomplissement des prophéties, reçues pendant plusieurs siècles, qui ont créé en Israël cette attente, unique au monde, de la venue du Messie. « Tout est accompli » (Jn 19,30) par Jésus d’une manière stupéfiante.

C’est une réalité historique et unique au monde : le Peuple d’Israël a attendu pendant des siècles la venue du Messie, qui n’a pas été annoncé par un seul prophète, mais par une longue série d’hommes, dont les prédictions convergent et se complètent, au fur et à mesure, pendant des siècles.

Cette attente a été le fait d’un petit peuple, Israël, ballotté par l’histoire, mais qui a survécu à toutes les confrontations avec les Empires voisins et qui sera finalement dans l’avenir le seul peuple résistant à la dissolution du monde antique, en conservant intacte son identité malgré sa dispersion, et en gardant toujours la certitude inébranlable d’être l’instrument d’un destin éternel, aux dimensions du monde.

Au temps du Christ, tous cherchaient dans l’Ecriture le moment de la venue du Messie annoncé mystérieusement mais précisément s’agissant de sa vie, de sa mission, de sa naissance, de sa mort et même de la date de sa venue : l’attente de l’accomplissement des temps était devenue tellement forte et précise, en cette période particulière de l’histoire, qu’il y eut plus de 100 candidats Messie recensés par les historiens !

« Comme le peuple était dans l’attente » (Lc 3,15) quand Jean-Baptiste paru, tous lui demandaient : « Es-tu Celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? » (Lc 7,19).

« Je sais que le Messie doit venir, celui qu'on appelle Christ. Quand il viendra, il nous expliquera tout » (Jn 4,25)

C’était une situation unique. Cet aspect caractéristique du christianisme, à lui seul, est suffisant – c’est l’avis de maints spécialistes – pour le situer tout à fait à part dans l’histoire religieuse du monde

« Le temps de la venue du Messie a été prédit par l’état du peuple juif, par l’état du peuple païen, par l’état du Temple, par le nombre des années : il fallait que les quatre monarchies, le sceptre ôté de Juda et les soixante-dix semaines arrivassent en même temps, et le tout avant que le deuxième Temple ne fut détruit » (Blaise Pascal – pensée 708 et 709).

Au temps du Christ, l’attente d’Israël est à son paroxysme à cause des deux prophéties de Daniel qui datent le temps de la venue du Messie après les « 70 septénaires » prophétisés au temps de Darius (Dn 9) et au temps du « 4° royaume » après Nabuchodonosor qui a vu lui succéder les Perses, les Grecs puis les Romains. Il fallait aussi que « le sceptre » s’éloigne de Juda (Gn 49,10) et que le monde cesse toute guerre pour accueillir le Prince de la Paix (Is 9,5) ce qui arriva au temps de la pax romana d’Auguste.

Il est très étonnant de constater qu’il y avait aussi une attente unique, à cette époque chez les païens :

Tacite et Suétone témoignent de l’attente des romains

Virgile rapporte les oracles de la Sibylle de Cumes annonçant la Vierge et son enfant merveilleux

Les astrologues babyloniens avaient aussi calculé avec une précision étonnante la venue de l’étoile du Messie

Même les juifs qui n’ont pas reconnu le Christ témoignent de la précision de cette attente, reconnaissant dans le Talmud, à la fin du premier siècle, que « toutes les dates calculées pour la venue du Messie sont désormais passées » (Traité Sanhédrin 97).

Le Messie attendu était mystérieusement annoncé comme devant :

naître d’une Vierge (Is 7,10-14 ; Ez 44,1),

demeurer en son sein au milieu d’elle (So 3,17),

naître comme un enfant (Is 9,5),

d’un accouchement miraculeux (Is 66,6-8),

passer en Egypte (Is 19,19)

après un moment de douleur (Jr 31,15),

être précédé d’un précurseur (Ml 3, 23-24),

être le chef d’Israël (Nb 24,17),

venir de la tribu de Juda (Gn 49, 8),

être fils de David (2 Sa 7,5-19 ; Is 11,1), fils de Dieu (2 Sa 7,5-19 ; Ps 21,1-9), fils de l’homme (Dn 7,9-14), de nature divine (Dn 7,9-14 ; Is 7,10-14 ; Is 9,5),

entrer dans son Temple (Ml 3,1-3),

fonder une Alliance nouvelle (Jr 31,31),

inaugurer un Royaume éternel (Dn 7,9-14) qui subsistera à jamais (Dn 2,39-45).

dominer sur toute la terre (Ps 72,7)

jusqu’aux extrémités de la terre (Ps 2,1-9 ; Is 49,5-6).

faire venir à lui toutes les nations (Is 49,3 ; Ps 2,1-9), qui seront bénies en lui (Gn 22,18), étant la lumière des nations (Is 49,5)

remplir la terre entière de la connaissance de Dieu (Ha 2,14).

être le Sauveur du monde (So 3,14-17),

être roi (So 3,14-17 ; Mi 5,1 ; Is 9,5) mais un roi pacifique et humble (Za 9,9).

être méprisé, incompris, abandonné, des hommes (Is 53,3 ; Ps 69 ; Ps 21), souffrant (Lm 1,12)

se charger de nos péchés (Is 53,12), être trahi (Ps 41,11), rejeté par son Peuple (Ps 118,22-26), jugé (Is 53,8), cloué sur la Croix (Ps 22,18 ; Ez 28,9), transpercé (Za 12,10-12), de l’eau sortira de son côté (Ez 47,1-12), il sera entouré par des larrons (Ps 22,17).

On lui donnera du vinaigre pour apaiser sa soif (Ps 69,22), on se partagera ses vêtements et on tirera au sort son vêtement (Ps 22,19). Il sera enterré dans un tombeau de riche (Is 53,9), on le pleurera (Za 12,10) mais il sera finalement vainqueur (Is 53,11) et ne verra pas la corruption (Ps 16,9-11).

Il sera le Rédempteur de l’homme (Is 53,1-12) et enverra son Esprit (Jo 3,1-5).

Il sera le nouveau Moïse annoncé (Dt 18, 15 : 18,18), et il accomplira la figure du Patriarche Joseph vendu par ses frères, qui sauve l’univers, puis se fait reconnaître finalement de ses frères et pleure en les serrant sur son cœur.

Il a accompli aussi la figure d’Isaac, le fils unique d’Abraham, en devenant l’Agneau choisi par Dieu, immolé sur le Mont Moriah. Il deviendra à la fois le prêtre, l’autel et la victime de la nouvelle et éternelle Alliance fondée en son sang, le sang de l’Agneau pascal véritable.

« Il faut que l'Écriture s'accomplisse » (Jn 13,18) et toute la vie du Christ « accomplit les Ecritures des prophètes » (Mt 26,56 ; Mc 14,49 ; Lc 4,21) si l’on est ouvert à « l’intelligence des Ecritures » (Lc 24,45), comme Jésus ressuscité le montre lui-même aux disciples :

« Et commençant par Moïse et parcourant tous les Prophètes, il leur interpréta dans toutes les Écritures ce qui le concernait » (Lc 24,47)

Tous ne le comprennent pas mais l’attente du Messie par Israël, les prophéties et leur accomplissement témoignent vraiment de la vérité du Christ :

« Vous scrutez les Écritures, parce que vous pensez avoir en elles la vie éternelle, mais ce sont elles qui me rendent témoignage » (Jn 5,39)

Ces prophéties n’obligent pas à croire, mais elles appartiennent à un faisceau convergent qui rend compte de la solidité de la foi en Jésus Messie d’Israël et Fils de Dieu (cf. Mc 1, 1).

4. Jésus se référait aussi aux œuvres qu’il faisait : « Si vous ne croyez pas à cause de ma Parole, croyez au moins à cause des œuvres » (Jn 14,11). Et il a promis que ses disciples en feraient encore « de plus grandes » (Jn 14,12) : ce qui est arrivé d’une multitude de manières, sur tous les continents, comme le montre toute l’histoire de l’Eglise, des origines jusqu’à nos jours ;

Tout au long de l’histoire du salut, Dieu a accompagné sa Révélation de miracles et prodiges surnaturels pour donner aux hommes des signes de sa présence. Le Créateur du monde est cause première de toutes les Lois de l’Univers, et elles ne peuvent évidemment être changées qu’avec une permission divine.

La Bible rapporte cependant parfois des prodiges mensongers (2 Th 2,9 ; Mt 24,24) qui ne viennent pas de Dieu, comme par exemple lorsque les magiciens d’Egypte changèrent leurs bâtons en serpent devant Moïse. Mais le serpent issu du bâton de Moïse et Aaron engloutit ceux des magiciens (Ex 7,12), comme pour montrer que les miracles de Dieu surpassent ceux des adversaires.

Toute l’histoire du salut est remplie de miracles :

Dans la première Alliance, Dieu envoie les 10 plaies d’Egypte puis il permet l’exode des hébreux « main forte et à bras étendu » (Dt 4,34 ; 5,15 ; 7 ,19) et quantité de miracles fruits de la foi des prophètes et des hommes de Dieu (cf. Hb 11,29).

Jésus « puissant en œuvres et en paroles, devant Dieu et devant tout le peuple » (Lc 24,19) a multiplié davantage encore les signes, prodiges et miracles « stupéfiants » (Jn 5,25). « Les foules s’émerveillaient-elles à la vue des muets qui parlaient, des estropiés qui redevenaient valides, des boiteux qui marchaient droit et des aveugles qui recouvraient la vue. Et elles rendaient gloire au Dieu d’Israël » (Mt 15, 31-36). Jésus reproche aux incrédules de ne pas se convertir devant « des œuvres que nul autre n’a faites » (Jn 15,24) Le Catéchisme de l’Eglise Catholique résume : « les signes accomplis par Jésus témoignent que le Père l’a envoyé et invitent à croire en Lui » (n°548).

Dans toute l’histoire de l’Eglise, les martyrs et les saints ont multiplié les miracles et certains d’une manière publique et forte comme par exemple après la Pentecôte ou plus tard avec Saint Antoine, Saint Benoit, Saint François, le Curé d’Ars, Padre Pio, etc. « Dieu confirme leur témoignage par des signes, des prodiges, des miracles de toute sorte » (Hb 2,4)

Dans nos vies personnelles aussi, les signes et évènements providentiels sinon les miracles surabondent dès qu’on se confie au Seigneur.

Et de nos jours encore l’Eglise témoigne publiquement d’innombrables interventions divines, qui sont des signes d’encouragement donnés au Peuple de Dieu en marche vers la Patrie céleste au milieu des difficultés de ce monde.

On est stupéfait du nombre et de la variété des signes, miracles et prodiges que Dieu donne encore partout à son Eglise pour conforter la foi :

Les guérisons sont innombrables : dans les sanctuaires comme Lourdes, par exemple, où le Docteur Patrick Theillier, ancien directeur du Bureau médical, a dénombré plus de 7.000 guérisons scientifiquement inexplicables depuis 1858 ; à Rome, où chaque canonisation requiert 2 miracles rigoureusement attestés (et il y a eu des milliers de canonisations) ; dans les groupes de prière chrétiens, comme avec le Père Tardif ou dans les groupes évangéliques, qui prient avec foi pour des guérisons au nom de Jésus, et qui obtiennent des miracles étonnants, rappelant les prodiges de la première Eglise, etc, etc.

Les apparitions, notamment celles de la Vierge Marie, se sont multipliées sur tous les continents : à Zeitoun par exemple, où la Vierge s’est montrée à des dizaines de milliers de personnes, chrétiens et musulmans, pendant plusieurs années, ou en tant d’autres endroits,

Les interventions divines dans l’Histoire, contre la guerre, les épidémies, les calamités, comme avec les innombrables prodiges liés à l’intercession de la Vierge Marie ou avec Jeanne d’Arc.

Les innombrables visions de saints ou de mystiques, notamment celles de Maria d’Agreda, Anne-Catherine Emmerich ou de manière plus contemporaine Maria Valtorta qui ont pour les deux dernières des éléments de crédibilité historiques, archéologiques, géographiques, topographiques, culturels étonnants, même si l’Eglise ne s’est pas prononcée officiellement.

Les prophéties, qui se sont poursuivies aussi dans toute l’histoire de l’Eglise, avec, parmi les plus étonnantes et les plus incontestables, les prophéties données à Fatima, qui annoncent le destin de la Russie et du communisme sur tout le XX° siècle, juste avant la révolution d’octobre 1917.

Quantité d’autres signes étonnants ont été donnés pour affermir la foi : le miracle du Saint feu dans le tombeau du Christ le jour de Pâques, le Linceul de Turin « non fait de main d’homme » (Pie XI) « la relique la plus splendide de la Passion et de la Résurrection de Jésus » (Jean Paul II)  qui est l’objet scientifique le plus étudié au monde et qui défie la science, la tilma de Guadalupe qui est aussi à elle-seule une accumulation de miracles, le miracle du soleil annoncé et produit devant 70.000 personnes le 13 octobre 1917 à Fatima, les lacrymations de statues, attestées vraiment dans une trentaine de cas comme à Syracuse ou à Civitavecchia, les miracles eucharistiques comme à Lanciano au VIIIe siècle, Florence en 1230, Herkenrode en 1317, Tartanedo en 1710, Pezilla en 1793, Bordeaux en 1822, Castelanau-de-Guers en 1974, ou encore la multitude de miracles produits à partir de ce qu’on a appelé la Médaille Miraculeuse, donnée par la Sainte Vierge elle-même lors des apparitions de la Rue du Bac, reproduites à des centaines de millions d’exemplaires.

Les saints ont vécu bien des formes de ce que Saint Paul appelle les « traits distinctifs de l’Apôtre : parfaite constance, signes, prodiges et miracles » (2 Co 12,12) :

Certains comme Saint François, Anne-Catherine Emmerich, sainte Mariam de Jésus-Crucifié ou Padre Pio ont été marqués par les stigmates, pour mieux manifester leur union profonde avec la Passion du Christ

D’autres mystiques comme Thérèse Neumann ou plus récemment Marthe Robin, Rolande Lefevre (sur lesquelles l’Eglise ne s’est pas encore prononcée) ont vécu une inédie de plusieurs années, ne mangeant ni ne buvant rien sauf parfois l’eucharistie du Seigneur comme pour illustrer l’Ecriture : « L’homme ne vit pas que de pain, mais de toute parole qui vient de la bouche de Dieu » (Mt 4,4)

Les corps conservés de très nombreux saints comme Saint Charbel Maklouf, Padre Pio, Sainte Catherine Labouré, Saint Vincent de Paul, Saint Louis Marie Grignion de Montfort, le Curé d’Ars, Sainte Bernadette ou tant d’autres restent partiellement ou totalement intact pendant des années après leur mort, d’une manière totalement inexplicable pour la science, comme pour illustrer l’Ecriture : « Tu ne laisseras pas ton saint voir la corruption » (Ac 2,27)

Les parfums célestes sentis auprès de Sainte Thérèse d’Avila ou Saint Jean de la Croix comme pour illustrer l’Ecriture qui parle de « la bonne odeur du Christ » (2 Co 2,15)

On peut mentionner aussi les cas de lévitation comme Saint Joseph de Cupertino ou de bilocation comme Saint Antoine de Padoue, Saint François Xavier, Saint Alphonse de Liguori, Padre Pio ou Mère Yvonne-Aimée de Jésus.

Sans compter une multitude d’autres prodiges (effusion d’huile ou liqueurs balsamiques s’écoulant du tombeau, hyperthermie ou ‘incendie d’amour’, phénomènes lumineux, changements brutaux et inexpliqués de poids, clairvoyance, hiérognosie, don des langues, lecture d’âme, etc.).

Plus de 90 % des miracles authentifiés par l’Eglise se trouvent dans les vies des saints. Ils sont incessants depuis vingt siècles. On en dénombre plusieurs milliers étudiés selon les critères scientifiques les plus rigoureux.

Cette quantité et variété stupéfiante de signes étonnants et vérifiés donnés par Dieu à son Eglise pour affermir la foi est largement méconnue parce que le monde les ignore, mais il s’agit pourtant de signes de crédibilité très forts qui n’ont aucun équivalent dans aucune autre religion, même si beaucoup d’autres croyants et de convertis peuvent aussi témoigner, de manière parfois crédible, des gestes de puissance et de miséricorde de Dieu à leur égard.. Aujourd’hui encore : « Le Seigneur confirme la Parole par les signes qui l’accompagnent » (Mc 16,20)

5. Après la Résurrection, l’expansion miraculeuse du Christianisme qui finit par la conversion de l’Empire romain, sans autre puissance que le témoignage des martyrs, est encore un nouveau motif de crédibilité unique et étonnant.

Après la mort du Christ, deux faits s’offrent à la considération de l’historien et lui permettent de parler de la foi en la Résurrection :

tout d’abord, le courage soudain et inexplicable des disciples, mûs par une foi d’une intrépidité et d’une ténacité telle, qu’elle résiste même à l’épreuve du martyre ;

deuxièmement, le témoignage de cette foi que les intéressés, c’est-à-dire les disciples, nous ont laissée. Au moment décisif, lorsque Jésus fut arrêté et exécuté, les disciples n’étaient dans l’attente d’aucune résurrection. Ils prirent la fuite et considérèrent que le cas de Jésus était clos.

Il s’est donc bien produit quelque chose qui, en peu de temps, a non seulement provoqué le changement radical de leur état d’âme mais les a conduits à une activité complètement nouvelle et à la fondation de l’Eglise, au péril de leur vie et sans que rien, pas même la mort, la torture ou le martyre ne parvienne à faire se renier aucun d’entre eux !

Ce témoignage stupéfiant des Apôtres et des premiers disciples et l’expérience si forte de la présence du Christ vivant et agissant au milieu d’eux après la Pentecôte est à l’origine de la transmission fulgurante de la foi en Jésus dans la première Eglise.

« Je vous ai donc transmis ce que j'avais moi-même reçu, à savoir que le Christ est mort pour nos péchés selon les Ecritures, qu'il a été mis au tombeau, qu'il est ressuscité le troisième jour selon les Ecritures, qu'il est apparu à Céphas, puis aux Douze. Ensuite, il est apparu à plus de 500 frères à la fois -- la plupart d'entre eux demeurent jusqu'à présent et quelques-uns se sont endormis -- ensuite il est apparu à Jacques, puis à tous les apôtres. Et, en tout dernier lieu, il m'est apparu à moi aussi, comme à l'avorton ». (1 Co 15, 3-8).

Les disciples n’ont pas pu inventer cela : ils étaient des personnes ordinaires, des pêcheurs, loin d’être enclins à avoir des visions. Au départ, ils ne croient pas ; Jésus doit presque forcer leur résistance : « Ô cœurs… lents à croire ! ». Ils n’ont pas pu vouloir tromper les autres non plus. Tous leurs intérêts y étaient opposés ; ils auraient été les premiers à se sentir trompés par Jésus. S’il n’était pas ressuscité, à quoi cela servait-il d’affronter la persécution et la mort pour lui ? Quel avantage matériel en tiraient-ils ?

Si l’on nie le caractère historique, c’est-à-dire le caractère objectif et pas seulement subjectif de la Résurrection, la naissance de l’Eglise et de la foi devient un mystère encore plus inexplicable que celui de la résurrection elle-même. L’on a remarqué à juste titre que : « l’idée que l’imposant édifice de l’histoire du christianisme soit comme une énorme pyramide placée en équilibre sur un fait insignifiant est certainement moins crédible que l’affirmation selon laquelle l’événement dans son ensemble – c’est-à-dire l’état de fait et la signification inhérente à cet état de fait – ait réellement occupé une place dans l’histoire comparable à celle que lui attribue le Nouveau Testament » (cité par P. Cantalamessa)

Une multitude de conversions en Israël et chez les païens a répondu au témoignage des Apôtres et les nouveaux disciples faisaient eux aussi l’expérience du Christ vivant si bien que rien ni personne ne pouvait leur faire renier le Christ. Pendant les 3 premiers siècles, la foi a parfois été combattue par des persécutions effroyables, conduisant au martyre des foules de chrétiens pacifiques, et ce témoignage fut si fort que l’ensemble de l’Empire romain se convertit finalement.

Jamais dans l’histoire les débuts d’une religion ne se sont faits d’une manière aussi divine et stupéfiante et l’expansion miraculeuse du Christianisme fut, pour beaucoup dans l’histoire, un autre très important motif de crédibilité de la foi.

6. Enfin, la permanence de l’Eglise, et de son Magistère ainsi que de la sainteté dans l’Eglise, avec les exemples lumineux des saints et des martyrs dans tous les siècles, constituent une autre série de témoignages multiformes, innombrables et convaincants.

Depuis 2.000 ans, la foi des Apôtres s’est répandue dans le monde entier et tous les croyants du monde adhèrent à cette même foi de l’Eglise, reçue, conservée et sans cesse mieux explicitée par le Magistère c’est-à-dire par l’enseignement du Pape et des évêques, successeurs des Apôtres unis à lui. Et ce Magistère offre en permanence une expression détaillée de sa foi, un exposé de la doctrine chrétienne, cohérent, stable, explicite, public, pertinent, actuel et partagé par l’ensemble de l’Eglise, qui dit la vérité sur Dieu, sur l’homme et sur le monde.

Tous les saints de tous les temps partagent ainsi la même foi parce que tous adhérent à la foi de l’Eglise qui n’est pas la construction intellectuelle de tel ou tel, mais l’héritage qui nous vient des Apôtres : c’est ainsi que nous avons tous la même foi que Saint Paul, de Saint Augustin, de Saint Thomas d’Aquin, Saint Louis, Saint François, Saint Vincent de Paul, Mère Térésa et Jean-Paul. Tous partagent la même foi qui génère à chaque époque des modèles de vie uniques, des saints qui sont des lumières pour le monde et des reflets de la beauté et de la vérité de la doctrine du Christ. C’est pourquoi l’œcuménisme est important afin de manifester l’unité de la foi, qui a pu être blessée par des querelles historiques, et de chercher une nouvelle communion des chrétiens

L’Eglise est « maîtresse en humanité » parce qu’elle connait dans le mystère du Christ la vérité sur l’homme qui est fait pour aimer et être aimé comme le montrent les saints. Elle désire donc dialoguer avec toute religion et toute sagesse humaine.

Conclusion

La foi est un don de Dieu et elle dépasse la raison, mais il est très raisonnable de croire et le Seigneur, qui nous invite à l’aimer de tout notre cœur, notre âme, notre esprit et notre force (Mc 12,30), s’adresse aussi à notre intelligence pour qu’elle prenne appui sur les solides raisons de croire qu’il nous donne, objectivement et personnellement, aujourd’hui comme hier (cf. Ac 1,3).

La foi chrétienne s’appuie sur des faits historiques précis, sur des raisonnements et elle fait confiance à la capacité de la raison de les analyser comme des « motifs de crédibilité » recevables (CEC n°156).

La foi dépasse la raison mais elle s’appuie sur elle et c’est dans ce dialogue de la vérité que se trouve le moyen de dialoguer avec tout homme de bonne volonté.

CITATIONS UTILES

Catéchisme de l’Eglise Catholique : Pour que l’hommage de notre foi fût conforme à la raison, Dieu a voulu que les secours intérieurs du Saint-Esprit soient accompagnés des preuves extérieures de sa Révélation " (ibid., DS 3009). C’est ainsi que les miracles du Christ et des saints (cf. Mc 16, 20 ; He 2, 4), les prophéties, la propagation et la sainteté de l’Église, sa fécondité et sa stabilité " sont des signes certains de la Révélation, adaptés à l’intelligence de tous ", des " motifs de crédibilité " qui montrent que l’assentiment de la foi n’est " nullement un mouvement aveugle de l’esprit " (Cc. Vatican I : DS 3008-3010).

Concile Vatican I : « C’est pour cela que Moïse et les Prophètes, et surtout le Christ Seigneur lui-même ont fait tant de miracles et de prophéties d’un si grand éclat. C’est pour cela qu’il est dit des Apôtres : « Pour eux, s’en étant allés, ils prêchèrent partout avec la coopération du Seigneur, qui confirmait leur parole par les miracles qui suivaient (Mc 16,20) ».

Concile Vatican I : « Si quelqu’un dit que la révélation divine ne peut être rendu croyable par des signes extérieurs, et que ce n’est donc que par l’expérience individuelle ou par l’inspiration privée que les hommes sont mus à la foi, qu’il soit anathème.

Concile Vatican I : « Si quelqu’un dit qu’il ne peut y avoir de miracles, et, par conséquent, que tous les récits de miracles, même ceux que contient l’Ecriture Sainte, doivent être relégué parmi les fables ou les mythes ; ou que les miracles ne peuvent jamais être connus avec certitude, et que l’origine divine de la religion chrétienne n’est pas valablement prouvée par eux ; qu’il soit anathème.

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